Portrait de Nadine MORATO

Nadine MORATO

Trente ans à créer des moments inoubliables, de Londres à Paris, de Disney au Sud-Ouest.

Ce qui me définit

Adjectifs

Audacieuse, exigeante, bienveillante, débrouillarde, passionnée, humaine, créative, tenace

Mes valeurs

Le plaisir de recevoir, l'excellence du service, l'humain avant tout, la liberté de se réinventer, la transmission, l'authenticité

Je m'appelle Nadine Morato et j'ai passé plus de trente ans à créer des moments que les gens ne sont pas près d'oublier. Laborantine de formation, hôtelière de vocation, entrepreneuse par nécessité, directrice événementielle par passion, voilà en fin de compte ce que je suis. Ce que tu vas lire, c'est le chemin un peu tordu, souvent inattendu, parfois douloureux, qui m'a amenée là où je suis aujourd'hui, c'est-à-dire quelqu'un qui sait, profondément, ce que "bien recevoir" veut vraiment dire.

Chapitre I

L'Angleterre, ou comment se perdre pour mieux se trouver

BD chapitre 1

J'avais vingt ans, une enfance compliquée derrière moi, un diplôme de laborantine en poche, et une envie très très forte de respirer autrement. Donc là, j'ai pris la décision de partir en Angleterre. Pas vraiment un plan, plutôt un saut dans le vide avec l'espoir que quelque chose de bon m'attendait de l'autre côté.

Le problème, c'est qu'une fois arrivée là-bas, mon diplôme de laborantine ne valait pas grand-chose. Les équivalences ne passaient pas, les portes de mon métier restaient fermées, et j'aurais pu paniquer. Mais voilà, quelque chose d'étrange s'est passé : à l'étranger, loin du regard de ceux qui te connaissent, tu n'as plus peur d'essayer n'importe quoi. Donc j'ai essayé n'importe quoi, et c'était franchement libérateur. Représentante pour des boxers fantaisie, modèle pour des peintres dans des ateliers qui sentaient la térébenthine et la peinture à l'huile, prof d'aérobic dans une salle de sport bondée le mardi soir, peu importe, je faisais, j'apprenais, j'avançais.

Et puis un jour, des amis anglais m'ont dit avec ce sérieux très britannique : "Nadine, tu es française, donc tu dois forcément savoir cuisiner et recevoir." Je me souviens avoir souri, un peu amusée par le cliché, mais j'ai joué le jeu. J'ai commencé par la plonge à Londres, les mains dans l'eau chaude et savonneuse jusqu'aux coudes, les bruits de vaisselle entrechoquée, les odeurs de cuisine qui s'échappent des passe-plats, et j'ai adoré ça immédiatement. Ensuite la cuisine, ensuite la salle à Brighton, et là c'est devenu une évidence que je n'avais pas du tout anticipée : l'univers de la restauration, c'était mon monde.

Six ans passés en Angleterre, six ans à me réinventer sans filet, et c'est là que j'ai compris une chose que je n'ai jamais oubliée depuis : quand tu n'as plus le regard des autres sur toi, tu découvres enfin qui tu es vraiment. Et ce que j'étais vraiment, c'était quelqu'un fait pour faire vivre des moments aux gens.

La morale

Se perdre loin de chez soi est parfois le seul moyen de découvrir enfin qui on est vraiment.

Chapitre II

Le Vivaldi, l'école du plaisir de recevoir

BD chapitre 2

À vingt-six ans, je rentre en France avec mon expérience anglaise, mon enthousiasme intact, et une conviction : je veux ouvrir quelque chose à moi. Avec mon compagnon sicilien, on ouvre Le Vivaldi dans le 18e arrondissement de Paris, un restaurant bistronomique italien, lui en cuisine, moi en salle. Et là, voilà, c'est le début de six années qui vont définir ce que je suis professionnellement.

Ce que j'aimais dans ce restaurant, c'était l'accueil. Pas juste "bonsoir, voici votre table", non, c'est-à-dire que c'était vraiment créer quelque chose pour les gens dès qu'ils franchissaient la porte. Les bouquets de fleurs fraîches sur les tables, l'odeur du parmesan et du basilic qui flottait depuis la cuisine, le son des conversations qui montaient doucement dans la salle, et cette satisfaction très physique, très réelle, de voir quelqu'un s'installer, souffler, sourire. Le restaurant marchait par bouche-à-oreille, on avait des habitués, des agents de vedettes, des gens qui revenaient parce qu'ils se sentaient bien là, et effectivement c'est ça qui m'animait profondément.

C'est aussi au Vivaldi que j'ai rencontré mon futur mari, sans le remarquer pendant trois ans. Il venait dîner régulièrement, il était client, voilà, et je ne l'avais pas vraiment vu. C'est lors d'un dîner à l'extérieur du restaurant que le coup de foudre est arrivé, comme ça, sans prévenir. Et cette nouvelle vie amoureuse a naturellement changé les équilibres, le restaurant a fermé, une page s'est tournée.

Mais ce que Le Vivaldi m'a appris, je l'ai porté partout ensuite : quand on fait ce qu'on aime vraiment, le travail n'est plus un effort mais une expression de soi, et les plus belles choses arrivent souvent là où on ne les attendait pas du tout.

La morale

Quand on fait ce qu'on aime vraiment, accueillir les autres devient une expression profonde de soi-même.

Chapitre III

Quinze ans dans le monde enchanté de Disney

BD chapitre 3

À trente-deux ans, j'entre chez Disneyland Paris comme assistant manager room service au Disneyland Hotel, et franchement, rien ne m'avait préparée à la démesure de ce que j'allais vivre pendant quinze ans. Trois mille petits-déjeuners par service, des délégations de partout, Michael Jackson, Alain Delon, Depardieu, Polanski, Nagui, Sophie Davant, des noms que je ne m'attendais pas à croiser en vérifiant les commandes de room service à sept heures du matin.

J'ai gravi les échelons à force de demandes proactives, c'est-à-dire que personne ne venait me chercher, donc j'allais chercher les opportunités moi-même. Banquets, restaurants du parc, responsable qualité, duty manager du parc et des hôtels, jusqu'à senior manager du devant de scène avec un rôle matriciel entre l'opération et la direction. Une mission aux Disney États-Unis aussi, pour voir comment ils faisaient là-bas, et c'était très très intéressant de mesurer l'écart entre les deux cultures du service. Au milieu de cette magnifique ascension, avec mon mari on a quand même pris le temps de faire deux magnifiques petites filles. C'était très important pour nous. Et à ce jour ça reste ma plus belle réussite !

Ce que Disney m'a appris, c'est à trouver des solutions sous pression sans jamais le montrer au client, à maintenir un niveau d'exigence extrême même quand tout s'emballe, à gérer la démesure avec méthode et recul. Mais cette période s'est terminée brutalement : j'avais suivi en parallèle un master en stratégie d'entreprise, tout en élevant deux filles adolescentes, tout en continuant à assumer un poste senior très exigeant, et le corps a fini par dire stop. Burn-out. Un an d'inaptitude, puis une démission.

Je me souviens de cette période comme d'un mur que j'avais mis des années à construire brique par brique sans m'en rendre compte. Et c'est là, dans ce silence forcé, que j'ai compris que si tu ne demandes pas, personne ne vient te chercher, mais que si tu ne t'écoutes pas toi-même, personne ne le fera non plus.

La morale

L'excellence s'apprend sous pression, mais s'écouter soi-même est la leçon la plus difficile à retenir.

Chapitre IV

Entreprendre seule, la tête dans le guidon

BD chapitre 4

Après le burn-out et la démission de Disney, j'avais besoin de quelque chose à moi. Donc j'ai créé Ooh Foods, une société de conseil et d'audit pour les hôteliers. Une associée au départ, qui s'est rapidement retirée, et me voilà seule à tout porter. Voilà, c'est ça le vrai visage de l'entrepreneuriat quand tu ne l'as pas anticipé.

Et puis arrive un contrat colossal avec Adagio, groupe Accor et Pierre et Vacances : rééquiper soixante-quinze hôtels en buffets petit-déjeuner. Soixante-quinze hôtels, sept fournisseurs, quatre-vingts palettes à gérer de A à Z, seule. Je me souviens de ces journées où, avec un stagiaire, on reconditionnait manuellement les palettes dans un entrepôt qui sentait le carton et le plastique neuf, à trier, vérifier, réemballer, étiqueter, pendant des heures. J'avais décroché un contrat énorme et j'étais dans la plonge logistique jusqu'au cou, c'est-à-dire que j'avais répondu présente sur l'opérationnel mais personne n'était là pour penser au développement pendant ce temps-là. Suite à ce contrat et après un appel d'offres de Village Nature, pour un kit de Bienvenue VIP, j'ai réussi à arriver en seconde place à quelques points près. Chaque fois, je montrais que je savais faire, mais je ne prenais jamais le recul nécessaire pour vraiment faire grandir ce que j'avais bâti.

J'ai ensuite eu l'opportunité de racheter Capitole Événements, une société de traiteur et de wedding planner. En parallèle à mon investissement dans cette nouvelle société, j'ai voulu rendre service à une amie pour être directrice d'un restaurant de collectivité durant neuf mois. J'ai franchement détesté cette expérience.

Ce que cette période m'a coûté et appris en même temps, c'est que le risque quand on entreprend seule, ce n'est pas de manquer de compétences, c'est de rester la tête dans le guidon au lieu de lever les yeux pour voir où on veut vraiment aller.

La morale

Entreprendre seule apprend que les compétences ne suffisent pas si on ne lève jamais la tête du guidon.

Chapitre V

Safran, l'art de créer des mondes

BD chapitre 5

C'est via Arpège puis API Restauration que j'arrive chez Safran comme directrice événementielle, toujours en plus de mes deux sociétés, malheureusement un peu moins actives du fait d'être la seule à en tenir la barre...Pendant six ans, je vais vivre ce qui ressemble le plus à l'expression totale de ce que je sais faire. Des événements jusqu'à huit cents personnes, des délégations internationales venues d'Inde, de Chine, la fondation PSG, des univers différents à chaque fois.

Ce que j'aimais profondément dans ce poste, c'était la création, c'est-à-dire que chaque événement était un monde à inventer. L'art de la table, les buffets, les thèmes, les sous-traitants à coordonner, le personnel que je recrutais moi-même avec un profil hôtelier et pas restauration collective, parce que l'état d'esprit n'est pas le même et que ça se ressent dans chaque geste, dans chaque regard adressé à un invité. La directrice Safran avait un niveau d'exigence extrême, et effectivement ça me convenait parfaitement, parce que c'est aussi le mien.

Je me souviens de ces matins avant un grand événement, les tables encore vides, les nappes qui tombent impeccablement, les verres alignés qui captent la lumière, et cette tension douce de savoir que dans quelques heures, tout ça allait s'animer, que des gens allaient entrer, s'asseoir, et vivre quelque chose. C'est ça qui m'animait, faire vivre des moments que les gens racontent encore des mois après.

Et puis le Covid est arrivé, tout s'est arrêté, et quand la proposition de retour est venue, j'ai dit non. Pas par dépit, mais parce que cette porte qui se refermait en ouvrait une autre, vers le Sud-Ouest, vers une vie plus choisie, vers ce que j'avais envie de construire maintenant pour de vrai. Refuser de revenir en arrière quand une page se tourne, c'est parfois le seul moyen d'écrire enfin la suite qu'on avait toujours voulu vivre.

La morale

Refuser de revenir en arrière quand une page se tourne est parfois le seul moyen d'écrire sa vraie suite.

Si tu es arrivé jusqu'ici, tu sais maintenant qui je suis, et surtout d'où vient ce que je fais. Trente ans dans l'hôtellerie et la restauration, des centaines d'événements orchestrés, des équipes formées, des univers créés, des moments vécus et transmis, voilà ce que j'apporte concrètement quand on travaille ensemble.

Que tu aies besoin d'un regard expert sur ton service, d'un accompagnement pour créer des expériences mémorables pour tes clients, ou d'une partenaire qui comprend vraiment ce que "bien recevoir" veut dire dans les détails comme dans l'ensemble, je suis là pour ça. Pas pour te donner des théories, mais pour m'asseoir avec toi, comprendre ce que tu veux faire vivre à tes clients, et t'aider à le construire avec exigence et bienveillance.

Parce qu'en fin de compte, c'est ça mon métier depuis le début : créer des moments que les gens ne sont pas près d'oublier.

Nadine

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Nadine MORATO

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